VHF ASN : MMSI, position et appel de détresse
Une VHF ASN n’est réellement utile qu’avec un MMSI correct, une position GNSS valide et une installation testée. Voici comment vérifier toute la chaîne d’alerte.

En bref
Pour rendre une VHF ASN fixe opérationnelle, enregistrez le bon MMSI, vérifiez l’affichage d’une position et d’une heure GNSS récentes, puis contrôlez antenne et alimentation. N’utilisez que la procédure d’essai autorisée localement. En détresse, envoyez l’alerte ASN, passez sur le canal vocal indiqué et transmettez un Mayday avec identité, position, problème et secours demandé.
Sommaire de l’article
Le capot rouge d’un bouton ne suffit pas à faire d’une radio un système de sauvetage. Une VHF avec appel sélectif numérique, ou ASN, forme une chaîne : identité du bateau, position, antenne, alimentation et opérateur doivent être prêts ensemble. La défaillance d’un seul maillon peut transformer une alerte précise en demande de secours incomplète.
La mise en service doit donc porter sur toute l’installation, et non sur le simple allumage de l’écran au départ. Cette méthode vise la navigation de plaisance prudente ; licences de station, certificats d’opérateur et essais autorisés relèvent toujours de l’administration radio et des services côtiers du pays concerné.
Comprendre le rôle exact de l’ASN
L’ASN utilise le canal VHF 70 pour les signaux numériques de détresse, d’urgence, de sécurité et d’appel. Selon l’équipement et la catégorie d’appel, le message peut contenir le MMSI, la position, l’heure de cette position, la nature du danger et le moyen prévu pour la suite. On ne parle pas sur le canal 70 : la conversation détaillée se poursuit en radiotéléphonie, généralement sur le canal 16 pour un Mayday.
La classe D correspond couramment aux besoins des bateaux de plaisance. Elle comprend notamment l’alerte de détresse, les appels à tous les navires ou à une station précise, la réception des accusés et des relais, ainsi qu’une fonction d’essai. La mention « ASN » sur la façade ne prouve pourtant ni la validité du numéro saisi ni l’arrivée de coordonnées récentes.
Il est utile d’imaginer l’ASN comme la sonnerie et la numérotation d’un téléphone. Le signal attire l’attention des stations compatibles à portée sans dépendre de l’écoute immédiate d’une voix. La phonie reste ensuite indispensable pour expliquer la situation et organiser l’aide avec les autorités ou les navires voisins.
Associer le bon MMSI au bon bateau
Le Maritime Mobile Service Identity est un numéro à neuf chiffres utilisé par l’ASN, l’AIS et certains autres équipements pour identifier un navire ou une station côtière. Il doit être obtenu par la voie officielle ou agréée correspondant au bateau et à sa zone d’exploitation. Il ne faut jamais en inventer un ni recopier celui d’une ancienne radio, d’un autre bateau ou d’une annonce.
Comparez le numéro attribué aux documents avant de le programmer. De nombreux appareils limitent sa modification par l’utilisateur après la première saisie ; une erreur peut donc imposer une intervention autorisée. Si l’AIS et la VHF ASN sont tous deux présents, vérifiez qu’ils désignent bien le même navire, sauf instruction explicite de l’administration compétente.
Le dossier lié au MMSI doit lui aussi rester à jour. Les services de recherche et de sauvetage peuvent y trouver la description du bateau, les contacts et l’équipement déclaré afin d’évaluer plus vite une alerte réelle ou involontaire. À la vente ou à l’achat, demandez à l’organisme émetteur comment libérer, transférer ou remplacer le numéro au lieu de modifier seulement les étiquettes à bord.
Intégrez cette vérification documentaire au programme annuel. Reprenez-la après un changement de propriétaire, de nom, de contact d’urgence ou d’installation radio. Un nombre correct sur l’écran perd une partie de son intérêt si la base correspondante décrit encore l’ancien bateau.
Vérifier la position sur l’écran de la radio
Une alerte accompagnée de coordonnées récentes fournit immédiatement un point de départ aux secours. La position peut venir d’un récepteur GNSS intégré ou d’un appareil externe, connecté par l’interface prévue par les deux fabricants. Le fait que le traceur affiche un point valide ne démontre pas que la VHF le reçoit.
Lisez latitude, longitude et heure UTC sur la VHF elle-même. Vérifiez leur cohérence, leur fraîcheur et leur évolution après un déplacement. Recommencez après des travaux électriques, une mise à jour, le remplacement du traceur ou une modification du réseau de données.
La Coast Guard américaine indique que beaucoup de radios ASN et de récepteurs GPS communiquent en NMEA 0183, sans que la forme des câbles et connecteurs soit pour autant normalisée. D’autres liaisons existent sur des installations récentes. Il faut suivre les deux manuels pour choisir les ports, les données, la vitesse et le câblage, plutôt que d’associer les fils au hasard selon leur couleur.
Apprenez enfin comment l’appareil signale une position absente ou trop ancienne. Selon le modèle, une alarme, un indicateur d’âge ou une saisie manuelle temporaire peut être prévu. Batoo recommande une ligne explicite dans la liste de départ : « position et UTC visibles sur la VHF », formulation plus exigeante que « GPS allumé ».
Examiner l’antenne et l’alimentation
Aucun codage numérique ne compense un coaxial défectueux ou une tension qui s’effondre à l’émission. Inspectez l’antenne, son embase, les connecteurs, le trajet du câble et les traversées exposées à l’eau, aux frottements ou aux courbures serrées. Entendre une station proche ne suffit pas à démontrer que votre émission porte correctement.
Un technicien équipé peut mesurer la puissance et évaluer l’adaptation de l’antenne avec plus de pertinence qu’un appel improvisé. Entre deux contrôles, prenez au sérieux une réduction soudaine de portée, une réception intermittente, un connecteur anormalement chaud ou le redémarrage de l’appareil à l’émission. N’enchaînez pas les appels si l’antenne est suspecte.
Effectuez les vérifications avec l’alimentation normale du bord, pas uniquement sous chargeur de quai. Repérez le disjoncteur, le fusible et la batterie source, puis montrez-les à l’équipage. La hauteur avantageuse d’une antenne fixe ne sert plus à rien si une panne électrique prive la radio de courant.
Contrôlez également le microphone, la touche d’alternat et le haut-parleur. Une alerte numérique réussie doit être suivie d’une phonie intelligible. Une fiche résistante à l’eau placée près du poste peut rappeler le nom du bateau, l’indicatif, le MMSI et l’ordre du Mayday, mais les coordonnées variables doivent être lues sur l’appareil.
Tester sans lancer une fausse détresse
Le bouton Distress ne doit jamais servir à un essai réel. Utilisez la fonction d’essai ASN seulement si elle est prise en charge et autorisée par le réseau côtier local, ou un appel individuel convenu avec une station compatible lorsque les règles le permettent. Les identités et procédures d’essai ne sont pas universelles : consultez le service côtier national et le manuel.
Aux États-Unis, les stations Rescue 21 de la Coast Guard accusent automatiquement réception d’un test envoyé à l’identité de groupe 003669999. Ce service régional n’est pas un numéro mondial. L’accusé confirme un échange numérique à cet endroit et à cet instant ; il ne certifie ni la couverture future, ni la qualité de la voix, ni l’autonomie, ni tous les éléments de l’antenne.
Un exercice raisonnable vérifie la réception, réalise l’appel d’essai autorisé, observe l’accusé, passe sur un canal de travail convenu et contrôle brièvement la phonie dans les deux sens. Notez date, zone, résultat et défaut constaté. En cas d’échec, examinez l’écran, le MMSI, la position, l’alimentation et l’antenne sans jamais essayer l’alerte de détresse.
La formation de l’équipage peut se dérouler appareil éteint ou dans un éventuel mode de démonstration prévu par le fabricant. Chaque chef de quart doit savoir trouver la page de position, expliquer le rôle du capot rouge et retrouver la procédure d’annulation. Aucun exercice ne doit produire un signal susceptible d’être pris pour une urgence.
Compléter l’alerte numérique par le Mayday
Face à un danger grave et imminent, ouvrez le capot, choisissez la nature de la détresse si le temps le permet et maintenez la commande pendant la durée indiquée par le fabricant. Laissez la radio allumée et attendez l’accusé. L’appareil oriente normalement vers la suite en phonie, le plus souvent sur le canal 16 ; la séquence exacte du modèle doit être apprise avant l’accident.
Le signal numérique ne remplace pas le message parlé. Dites « Mayday » trois fois, puis le nom et l’identification du bateau, sa position, la nature du danger, l’aide demandée, le nombre de personnes à bord et une description utile. Parlez lentement, relâchez l’alternat pour écouter et suivez les instructions de la station coordinatrice.
En cas d’alerte involontaire, éteindre simplement le poste est une mauvaise réaction. Arrêtez les répétitions selon le manuel et annoncez rapidement l’annulation en phonie à la station côtière compétente, avec identité, MMSI, position et motif. Affichez près de la radio la procédure adaptée à l’équipement et au pays, car les détails peuvent varier.
Le dernier maillon reste humain. Toute personne susceptible de tenir seule la barre doit pouvoir lire la position, utiliser la commande protégée en cas de vraie détresse et décrire l’événement. L’ASN ne garantit ni la portée ni un sauvetage automatique ; correctement installé, il transmet toutefois plus vite les premières informations et conserve la conversation bilatérale nécessaire pour mener l’intervention.
Sources et références
Sources consultées et références conservées pour vérifier les données et le contexte.
- Digital Selective CallingU.S. Coast Guard Navigation Center
- Maritime Mobile Service IdentityU.S. Coast Guard Navigation Center
- DSC TestingU.S. Coast Guard Navigation Center
- GMDSS: The Benefits of Digital Selective CallingUK Maritime and Coastguard Agency · 2017-08-01
- Digital Selective Calling ClassesU.S. Coast Guard Navigation Center


